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La femme de Loth dans le Coran

Le récit biblique sur Sodome et Gomorrhe est également relaté dans le Coran, nonobstant quelques modifications et variantes minimes. Mais ce qui nous intéresse ici est de savoir ce qu'il est advenu de la femme de Loth, d'après la Bible et d'après le Coran.
Selon le récit de la Torah (Genèse 19, 26), la femme de Loth fut punie pour avoir enfreint l'interdit divin : elle se retourna pour voir ce qu'il advint aux habitants de la ville de Sodome - coupables de "perversions", homosexuelles entre autres -, et sur lesquels se déversa la vindicte de Yahweh.
Elle fut alors instantanément pétrifiée en "statue de sel" ou "colonne de sel". Il est à noter qu'aux environ de Sodome – proche de la dite "Mer Morte" (en hébreu "Mer de Sel") -, on trouve des blocs salins aux formes étranges qui évoquent parfois des visages et des corps humains.
Dans le Coran, au verset 83 de la Sourate VII, on peut lire ceci :
فَأَنْجَيْنَاهُ وَأَهْلَهُ إِلَّا امْرَأَتَهُ كَانَتْ مِنَ الْغَابِرِينَ
En voici la traduction officielle - selon la version canonique appelée "Tafsir" - et reconnue par toutes les grandes sommités musulmanes et en particulier l'Université islamique El Azhar, du Caire :
"et nous l'avons sauvé lui et sa famille, hormis sa femme qui fut parmi les exterminés."
Cette traduction est une grave entorse au texte original biblique. Il y est écrit "parmi les exterminés" à la place de "devint une colonne de sel". Et ceci a laissé confus beaucoup de traducteurs du Coran en français. En particulier les islamistes dit "modérés" de l'obédience d'un Malek Chebel, Muhammad Hamidullah, Zeinab Abdelaziz ; ou des convertis à l'islam comme Abdallah Penot ; ou des arabisants comme Régis Blachère, Jean GrosJean, Jacques Berque etc...
Ils se sont tous efforcés d'édulcorer le "parmi les exterminés" et l'ont traduit par "parmi ceux qui étaient à l'arrière", afin de rapprocher leur traduction à l'original biblique, en insinuant que "à l'arrière" peut induire que la femme de Loth "se retourna" (comme il est dit dans le récit biblique).
Mais cette dernière expression édulcorante "arrière" qui adoucit l'acception rebutante du terme "les exterminés", est tout aussi peu fidèle au texte du Coran.
Sami Aldeeb lui, le traducteur du Coran d'après un ordre chronologique supputé, traduit par "à l'exception de sa femme qui était des abandonnés". Là encore, on voit un effort de rapprocher le Coran du récit biblique. Mais ce n'est toujours pas ce que dit la Bible.
Et il serait donc bon de savoir ce qu’il est vraiment écrit dans ce verset coranique, au mot à mot.
Pour cela, il nous faut faire une brève digression : Muhammad (ou son scribe qui rédigea le Coran) n'a jamais lu la Bible en entier, ni d'ailleurs tout le Pentateuque (la Torah de Moïse), et ni même le Livre de la Genèse duquel est tiré ce récit de la "femme de Loth". Tout ce qu'il savait était ce qu'un rabbin lui transmettait oralement. Et c'est à partir de cet enseignement oral des récits bibliques, parfois mal compris, que Muhammad (ou son scribe) mit à l'écrit les versets du Coran.
Que lui a donc transmit ce rabbin anonyme ? Il lui a simplement dit qu'en punition pour s'être retournée, la femme de Loth fut "ensevelie" sous le déluge de soufre qui s'est abattu sur les habitants de Sodome et Gomorrhe, et qu'elle fut "pétrifiée en une colonne de sel".
En hébreu, la racine "être enseveli" (qui est au passif) est 'APR (donc "recouvrir de poussière"). Or la lettre P n'existe pas en langue arabe. Elle est automatiquement remplacée et prononcée soit par un F, soit plus fréquemment par un B. La racine hébraïque 'APR est donc devenue 'ABR en arabe.
Et c'est exactement ce que le rédacteur du Coran a voulu dire : que la femme de Loth a été "parmi les ensevelis". Ce faisant, il a simplement fait usage d'un calque de la racine hébraïque 'APR. Et cela a donné : مِنَ الْغَابِرِينَ en arabe, et en lettres latines "min el 'abirin", donc "parmi les ensevelis".
Mais plus tard, une erreur dans la notation diacritique s'est glissée dans les manuscrits tardifs du Coran. Un point a été malencontreusement ajouté par un scribe musulman au-dessus de la consonne 'aïn, pour la transformer en ghaïn. Et depuis, 'abirin est désormais prononcé ghabirin par les arabophones musulmans, terme qui ne veut strictement plus rien dire dans le contexte de ce verset !
Cette erreur a soudain transformé un terme on ne peut plus simple, en un verset abscons et énigmatique. Or lorsqu'un musulman se trouve devant un verset qui lui est incompréhensible, il attribut son incompréhension non pas à son ignorance en matière de linguistique, ou à une possible bourde d'un scribe, mais à l'origine "divine" du Coran. Plus un verset du Coran lui est abscons et plus il le considère comme la preuve même qu’il vient d’Allah et de l’Ange Gabriel.
Et ce d’autant plus que les musulmans ne lisent jamais l’original biblique car cela leur est interdit ! En effet, l'islam interdit aux musulmans la lecture de la Bible – rédigée pourtant plus de 1500 ans avant le Coran !- et ce en dépit du fait que le Coran se réfère sans cesse à la Torah de Moïse. Plus grave ! L'islam accuse les juifs d'avoir "falsifié la Torah de Moïse", ce qui est le comble du ridicule puisqu'il est évident que le Coran a littéralement "plagié" les versets bibliques !
Il nous reste à présent à reconstituer la traduction littérale du verset coranique, à partir de l'original oral en langue hébraïque, et tel qu’il a été entendu par Muhammad : " et nous l'avons sauvé lui et sa tente hormis sa femme qui fut parmi les ensevelis"
(N.B : le mot "tente" - en arabe "ahl" - vient de l'hébreu "ohel", et signifie "toute la famille qui vit sous la tente").
Voilà donc comment un verset du Coran mal compris par les musulmans, redevient à peu près fidèle à son origine biblique, une fois réexpliqué par le biais de la langue hébraïque à laquelle le Coran a emprunté des centaines de mots et d'expressions.
N'est-il pas dommage que l'islam s'entête à ne pas reconnaître ce que le Coran doit à la langue hébraïque de la Bible ?

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