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La langue du Coran


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La langue du Coran n'est pas de l'arabe. En tous cas, pas de l'arabe "pur", et encore moins de l'arabe "clair et compréhensible" comme le prétend le Coran lui-même, mais un mélange hétéroclite de dialectes sudarabiques, d'hébreu, et d'araméen.

Et si nous avons ici évoqué deux langues - l'hébreu et l'araméen -, qui non seulement sont structurellement proches de l'arabe et qui n'ont donc aucune difficulté à le traduire, c'est parce que celles-ci ont fortement influencé le Coran et que leur connaissance est incontournable à la compréhension du Coran.

Le Coran se réfère au Pentateuque (et il ne s'en cache d'ailleurs pas !) de la manière la plus naturelle qui soit. Des pans entiers de la "Torah de Moïse" sont repris presque tels quels dans le Coran. Et d'ailleurs, toute personne ayant pris la peine de lire le Pentateuque - même dans sa traduction française - avant d'aborder la lecture du Coran, ne peut ignorer son impact décisif, fondamental, et essentiel sur le "Coran arabe". 

Il était donc tout à fait logique de vérifier en premier lieu le lien linguistique entre l'hébreu du Pentateuque et l'arabe du Coran. La langue coranique fait l'effet d'une sorte de langue-calque de l'hébreu ! Au point de pouvoir lire et comprendre le Coran sans aucune difficulté, sans être expert en langue arabe.

Il est d'ailleurs, pour un hébréophone, plus aisé de lire et comprendre le Coran qu'un quotidien en arabe moderne. Ce phénomène de facilité à comprendre le Coran pour un hébréophone peut s'interpréter du fait que le Coran évoque des récits bibliques archi-connus, et que le lecteur hébréophone anticipe en quelque sorte. Mais souvent, il comprend naturellement et sans effort des mots et des expressions du Coran qui étaient un véritable casse-tête pour des arabophones chevronnés et même des sommités musulmanes ! Par exemple avec l'expression "hitat"dans le verset suivant (Sourate 2, 58) :

وَإِذْ قُلْنَا ادْخُلُوا هَذِهِ الْقَرْيَةَ فَكُلُوا مِنْهَا حَيْثُ شِئْتُمْ رَغَدًا وَادْخُلُوا الْبَابَ سُجَّدًا وَقُولُوا حِطَّةٌ نَغْفِرْ لَكُمْ خَطَايَاكُمْ وَسَنَزِيدُ الْمُحْسِنِينَ

et lorsque nous dîmes entrez dans cette enceinte et mangez-y selon ce que vous voulez à satiété et entrez par la porte en adorant et dites faute nous vous pardonnerons vos fautes et nous ajouterons aux excellents.

Dans la plupart des traductions du Coran, le mot حِطَّةٌ (hitat) a été laissé tel quel, comme s'il s'agissait d'un mystérieux hapax. Or ce mot demeuré incompris (donc intraduisible) par les exégètes musulmans, n'a rien d'énigmatique. Il est simplement le terme hébreu חטא (hetâ) pour faute, dans le sens de péché. Cette racine hébraïque, selon sa déclination verbale, signifie à la fois fauter et pécher et se nettoyer de la faute ou se désinfecter du péché. Elle apparait deux fois dans ce verset mais transcrite de manière différente : la première fois avec un h ح guttural comme en hébreu, et la seconde fois خَطَيَ avec un kh (خَ), c'est-à-dire un h auquel il a été malencontreusement ajouté un point diacritique et parfois traduit non moins malencontreusement par "les pas" (de Satan).
Certains exégètes et traducteurs – conscients de cette bévue coranique – ont préféré ne pas la relever. D'autres, comme André Chouraqui, l'ont traduit par pardon, trahissant ainsi l'acception originelle de ce terme hébreu qu'il connaissait pourtant. D'autres encore, surtout parmi les commentateurs musulmans, ont allégué que "les Juifs ont raillé la parole divine en la prononçant habbat (une poignée de grains de blé ou d'orge) au lieu de hitat." Cette allégation musulmane prouve bien que ces commentateurs de langue arabe n'ont pas compris ce qu'ils lisaient dans "leur" Coran. En effet, blé s'écrit en hébreu חיטה (hitah) et vient d'une racine toute autre que חטא (hetâ). C'est donc une pseudo homonymie entre blé et péché. Et aucun locuteur hébraïque n'aurait pu faire une telle bévue. De plus, poignée de grains de blé, n'ont aucune signification dans le contexte de ce verset !

Il existe d'autres ajouts intempestifs de points diacritiques. Un des plus saugrenus est le fameux Tâghuwt, que l'on trouve par exemple dans le verset 60 de la Sourate V :

قُلْ هَلْ أُنَبِّئُكُمْ بِشَرٍّ مِنْ ذَلِكَ مَثُوبَةً عِنْدَ اللَّهِ مَنْ لَعَنَهُ اللَّهُ وَغَضِبَ عَلَيْهِ وَجَعَلَ مِنْهُمُ الْقِرَدَةَ وَالْخَنَازِيرَ وَعَبَدَ الطَّاغُوتَ أُولَئِكَ شَرٌّ مَكَانًا وَأَضَلُّ عَنْ سَوَاءِ السَّبِيلِ
dis vous annoncerai-je de pire que cela comme traitement chez allah que celui qu'allah a maudit et s'est crispé sur lui et a fait d'eux des singes et des porcs qui servent le tâghuwt à ceux-là la pire des places et ils sont les plus égarés de la rectitude du chemin


De quoi parle donc ce verset bizarre ? Certains exégètes pensent qu'il est question de juifs transformés en singes et de chrétiens métamorphosés en porcs. Soit ! Mais qu'est-ce que le "tâghuwt" ?
Ce mot n'existe que dans le Coran et n'a aucune trace dans le vocabulaire de la langue arabe pré-coranique. Certes, des exégètes musulmans (à l'imagination débordante ?) sont allés jusqu'à affirmer qu'il s'agit d'une idole démoniaque ou divinité malfaisante appartenant au panthéon préislamique. Et en effet, dans toutes les traductions françaises du Coran "tâghuwt" est écrit avec un T majuscule le désignant comme un nom propre, celui du Diable. Or, il n'y a aucune évocation de ce "diable" chez les Arabes de la Mecque et du Hedjaz. Alors, qu'en est-il au juste ?
En fait, "tâghuwt" n'a aucun rapport avec Satan, Diable, ou Démon. C'est tout simplement un mot commun hébreu : "tâ'uwt", dont la racine verbale est t ' h, qui signifie : faire erreur.
Les rabbins de la Mecque avaient l'habitude de s'écrier "ta'uwt" à l'encontre de leur parterre d'auditeurs craignants-Dieu ou d'interlocuteurs paîens. En français, on aurait dit : "vous êtes dans l'erreur" ou "vous vous trompez", ou encore "objection" !
Certes, le rédacteur du Coran a transmis ce mot hébreu "tâ'uwt", tel qu'il l'a entendu en lettres arabes. Mais plus tard, ce terme n'a plus été compris par les scribes qui recopièrent le Coran. Ils en firent la transcription avec un point diacritique au-dessus de la consonne 'aïn ع , la transformant en lettre ghaïn غ de l'alphabet arabe. Et de là, "tâ'uwt" a été lu "tâghuwt".
On retrouve cette erreur de lecture due à l'ajout d'un point diacritique sur le 'aïn, dans le nom de la ville de Gaza, prononcée en arabe Ghaza, alors que Gaza vient du nom hébreu biblique 'aza ("brave", "puissante").1 Ou encore dans 'ay (tertre) devenu ghay (bosse, courbe) dans le Coran.2
C'est donc là une erreur quasi systématique de transcription de la lettre hébraïque 'ayn en ghayn de la langue arabe. Mais si la non-connaissance de l'hébreu par les scribes arabophones du Coran a provoqué la confusion entre erreur et diable3, ne peut-on pas alors conclure de la nécessité de savoir l'hébreu lorsqu'on veut vraiment comprendre le Coran arabe et le traduire correctement en français ou en n'importe quelle autre langue ?



Si l'on progresse plus loin dans les recherches sur le vocabulaire typiquement hébraïque du Coran, on découvre le phénomène étrange des "doublons", c'est-à-dire l'apparition d'un mot une fois en hébreu et une autre fois en arabe4. Et cela, parfois au sein d'un seul et même verset ! Or, le lecteur du Coran, quand bien même était-il un arabophone chevronné, ne pouvait avoir aucune idée de l'étymologie hébraïque de la partie non arabe de ce doublon.
Ainsi, dans presque tout le Coran, la mer se dit el bahr الْبَحْرَ. Et puis soudain, on trouve la forme el yam الْيَمّ.5 Or yam pour mer est du pur hébreu et ne signifie strictement rien en arabe ! Rappelons entre parenthèses, que le contexte de cette sourate coranique est l'histoire de Moïse et la traversée de la Mer des Joncs par les Fils d'Israël fuyant le Pharaon d'Egypte. Que peut bien faire ce terme spécifiquement hébraïque dans un Coran en langue arabe ? Et quel atavisme de marin hébreu a bien pu troubler l'Ange Gabriel dans sa volonté de faire descendre du ciel « le Coran rédigé en arabe clair et pur »?!

Plus encore ! Le doublon yam-bahar est parfois carrément juxtaposé. Le verset 136 de la sourate 7, nous relate que Dieu a puni les méchants Egyptiens en les engloutissant dans la mer :

{136} فَانْتَقَمْنَا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْنَاهُمْ فِي الْيَمِّ بِأَنَّهُمْ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا وَكَانُوا عَنْهَا غَافِلِينَ
alors nous nous sommes vengés d'eux et nous les avons noyés dans la mer car ils nièrent nos signes et y furent indifférents
Et le verset 138 nous indique que :
{138} وَجَاوَزْنَا بِبَنِي إِسْرَائِيلَ الْبَحْرَ فَأَتَوْا عَلَى قَوْمٍ يَعْكُفُونَ عَلَى أَصْنَامٍ لَهُمْ قَالُوا يَا مُوسَى اجْعَلْ لَنَا إِلَهًا كَمَا لَهُمْ آلِهَةٌ قَالَ إِنَّكُمْ قَوْمٌ تَجْهَلُونَ
et nous avons fait traverser aux fils d'israël la mer et ils vinrent auprès d'une communauté liée à ses idoles ils dirent ô moïse amène-nous un dieu comme leurs dieux il dit vous êtes une communauté d'ignares

On voit ici que le verset 136 fait usage du terme hébreu el yam الْيَمِّ emprunté au Pentateuque, tandis que le verset 138 utilise le terme arabe el bahar الْبَحْرَ pour désigner la même chose : la mer.

Ce qu'un arabophone croyait être « l'incomparable richesse du vocabulaire du Coran », n'était donc rien d'autre que l'usage d'un doublon hébreu-arabe ou arabe-hébreu. Seul le prestige du Coran pour les musulmans, et particulièrement pour les "arabo-musulmans", a fait que cette langue composite et artificielle soit considérée - comble de l'ironie – comme la langue de référence de "l'arabe classique", alors que des centaines, voire des milliers de termes, de verbes, d'expressions, de locutions, de tournures de phrases, de "jeux de mots", de noms communs et de noms propres, sont en hébreu (et à moindre mesure, en araméen), et non en arabe !

Ces emprunts du Coran au Pentateuque sont si patents, même lorsqu'il était possible de trouver des parallèles en langue arabe proprement dite, que la moindre entorse saute aux yeux lorsqu’on compare systématiquement le texte 'arabe' à son original hébraïque. Ce n'est pas tout. Lors de la transcription d'un terme hébreu vers "l'arabe" du Coran, se glissèrent de grossières erreurs, jusqu'aux fautes d'orthographe ! A tel point que la lecture du Coran, pour tout hébraïsant, procure la douloureuse impression de laxisme, comme si ce texte avait été rédigé par quelqu’un qui était loin d’être un érudit, ni en hébreu et ni en arabe !

Ce laxisme risquait d'entraver sérieusement toute tentative de comprendre (donc de traduire) le Coran en français. A moins d'aborder cette traduction en deux temps : retranscrire le texte du Coran en hébreu, et ensuite et à partir d'une réelle et authentique compréhension du texte, le traduire (ou plutôt le transcrire) en français.

Néanmoins, nous nous trouvons ici devant un cercle vicieux. Pour se rendre compte du lamentable niveau d’érudition du rédacteur du Coran6, il fallait avoir de très solides connaissances dans le Pentateuque. Et pour cela, le maniement parfait de l'hébreu est une condition rédhibitoire. Or, combien de personnes de par le monde ont-ils lu (et étudié) le Pentateuque dans sa langue hébraïque originelle ? Quelques centaines de milliers tout au plus. A l'opposé, combien de personnes ont-ils lu (et étudié) le Coran dans sa langue "arabe" ? Quelques centaines de millions. Mais combien ont-ils lu (et étudié) à la fois le Pentateuque et le Coran - expressément selon cet ordre chronologique -, et dans la langue respective de ces deux « Ecritures révélées » ? Une poignée.

Et c'est justement la connaissance profonde de l'hébreu et à moindre mesure de l'arabe, qui devrait remettre en cause certaines certitudes concernant la genèse de la rédaction du Coran. Il n'est plus possible de supposer que le Coran soit une œuvre scripturaire dès l’origine.

Il est au contraire évident que le Coran était une transmission orale faite en hébreu, énoncée par un rabbin dissident et souvent mal comprise par son auditeur. Cette transmission orale fut ensuite plagiée, traduite, ou plutôt transposée et retranscrite en 'arabe', par un scribe qui vraisemblablement avait de graves lacunes en hébreu (et quelques-unes en sudarabique) !

David A. Belhassen

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1 De même dans le nom en français de la ville biblique maudite Ghomorre, de l'hébreu 'Amora.
2 Voir verset 256, Sourate II.
3 A moins que finalement, le "Diable" ne soit la grande "Erreur divine " ?
4 En réalité, du sudarabique ou sabéen.
5 Sourate 20, 97.
6 Que ce soit Waraqa ibn Nafl ou Muhammad lui-même, il est à noter que "faible niveau d'érudition" ne signifie pas illettrisme comme trop souvent Muhammad est désigné ("Le prophète illettré") dans des traductions défectueuses. Alors qu'il faut comprendre cela comme "le prophète des nations".

2 коммент.:

  1. Moi je crois que Al koran est écrit en yiddih ou en chleuh c'est tout aussi scientifique que les fantasmes de notre berbère auto intronisé linguiste hihihhi

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  2. A l'Anonyme David Melekh le judéo-jihadiste ignare. il faut écrire "Al Qorân", et non "Al Koran". Et pas en "yiddih", mais en "yiddish".

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