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Le “patriarche” Abraham a-t-il existé ?



Cette question qui semble ‘académique” est en réalité d’une importance primordiale. Elle touche à notre perception du passé, mais aussi à celle de notre présent et notre avenir, voire à notre quotidien, car le personnage d'Abraham est central non seulement dans la "civilisation" judéo-chrétienne, mais aussi dans l'Islam. Or, sans la figure d'Abraham, et si le christianisme pourra survivre, le judaïsme lui, en aura bien du mal. Tandis que sans Abraham (bien davantage que sans Muhammad !), l'islam mourra inexorablement.
Revenons à présent à notre sujet sur l'historicité d'Abraham :
1. Tout d'abord, remarquons qu'aucune stèle, ou tesson, ou fragment archéologique, ou document historique extrabiblique et antérieur au VIIIème avant J.-C., n'a été trouvé mentionnant le nom d'Abraham. Rien de rien ! Certes, ce silence et cette absence d'éléments concrets, ne sont pas des preuves positives de la non-historicité du "Patriarche Abraham", mais cela laisse planer beaucoup de suspicions et de doute quant à son existence historique.
2. Seule la littérature biblique (et tout ce qui lui est tributaire comme les livres apocryphes, le Talmud, les Evangiles ou le Coran) mentionne le nom d'Abraham. 175 fois ! Et celui de son nom précédent “Abram”, 61 fois ! Soit en tout 236 fois ! Mais chose étrange, le nom d'Abraham (ou d'Abram) n'apparaît jamais dans le livre le plus ancien de la Bible, c'est-à-dire le "Livre des Juges" rédigé au XIème-Xème siècle avant J.-C. Tous les autres livres de la Bible sont postérieurs au Livre des Juges, en particulier le Pentateuque et le Livre de Josué (ces deux derniers livres, bien que placés d'un point de vue rédactionnel avant le Livre des Juges, ont été rédigés plus de deux siècles après !). Or il est inconcevable, si Abraham avait existé, que le Livre des Juges – qui est un livre à vocation "historique" et qui couvre une période de 300 ans !-, n'évoque pas une seule fois le nom et la mémoire de celui qui est considéré dans le Pentateuque et le livre de Josué comme le "Patriarche" par excellence du peuple d'Israël !
3. Le livre de Samuel (I et II) – un peu moins ancien que le Livre des Juges mais plus ancien que le Pentateuque et le livre de Josué – couvre une période de cent ans ! Lui aussi ne parle jamais d'Abraham ! Là encore, il est inconcevable que le livre de Samuel retraçant la fin des Juges et le début de la royauté, n'évoque jamais - même en passant, même sans y prendre garde -, le "patriarche Abraham" ! D'autant plus que Jacob – son petit-fils selon le Pentateuque – est bel et bien mentionné !!!
4. "Abram" est un mot hébreu composé de ab (= père) et ram (=élevé), donc "Père élevé", donc "Patriarche". Son nom coïncide avec son titre ou sa fonction ! C'est quand même bizarre ce phénomène typiquement biblique où les noms "collent" tant aux personnages. Ce qui laisserait entendre qu'il y aurait là de la "prédestination" ?! Et le libre-choix alors ? Pourquoi les parents d'Abram ne l'ont-ils pas appelé "Bahour" ("jeune homme"). Comment savaient-ils ce qu'il allait devenir ? Ou alors "Abram" est un surnom. Mais alors quel était son véritable prénom de naissance ? La Bible ne le nous dit pas.
Peu importe. Attardons-nous à présent à la morphosyntaxe de "Abraham". Elle est aberrante, absurde et impossible en hébreu ! Elle trahit soit une influence tardive de la langue araméenne, voire babylonienne, soit tout simplement une bourde grammaticale ! Quoi qu'il en soit, un Hébreu ne peut s'appeler ainsi ! Le livre de la Genèse explique le changement de "Abram" en "Abraham" par l'alliance qu'aurait conclu Yahweh avec lui, en lui promettant d'être "ab hamon goïm", ce qui signifie "père d'une multitude de peuples". Mais cela n'explique toujours pas la transformation de "Abram" en "Abraham". S'il est question d'un acronyme pour transposer "ab hamon goïm", il fallait appeler Abraham : "Abhamag" ou "Abham" et non Abraham ! Les rabbins exégètes, conscients de la "bourde" grammaticale du rédacteur de la Genèse ont voulu rectifié le tir en alléguant que la lettre H du Tétragramme a été introduite dans le nom de "Abram" pour sceller son alliance avec Yahweh, ce qui a donc donné "AbraHam". Mais cette exégèse rabbinique est encore plus absurde d'un point de vue grammatical que la bourde du rédacteur de la Genèse. Car si la lettre H du Tétragramme YaHWeH a été introduite dans le nom de "Abram", il fallait écrire "AbHaram" et non "AbraHam". "AbHaram" veut dire quelque chose en hébreu, c'est : "Père le grand". Mais "AbraHam" ne veut rien dire. Le H entre le R et le M perturbe la signification de "Ram" ("élevé). "RaHam" avec un H inspiré, ne signifie rien en hébreu ! Imaginons, qu'un quidam se nommant "Jean Jardin", soit anobli. Il deviendra "Jean le Jardin", mais non pas "Jean Jarledin" qui ne veut rien dire en langue française. Idem pour Abraham. Ce nom ne signifie rien en hébreu. Or dans cette langue, tout nom propre possède une signification. Et si Abraham en est dénué, il est impossible qu'il soit un "patriarche hébreu" !!!
5. La Genèse nous raconte qu’Abraham fit un périple, sous l'injonction divine, à partir de Ur et de Haran vers la Terre de Canaan. C'est donc qu'il s'est déplacé d'est en ouest. Mais dans ce cas, sa main droite désigne le nord, sa gauche le sud, son visage l'ouest et sa nuque l'est. Or la représentation des quatre points cardinaux en langue hébraïque dit exactement le contraire : la main gauche désigne le nord, la main droite le sud, le visage désigne l'est, et la nuque l'ouest ! A moins qu'Abram ait fait son périple à reculons !!!...
Tous ces facteurs sont en défaveur de l'historicité du personnage d'Abraham. Il n'est ni le premier des Hébreux et ni leur patriarche ! Les Hébreux étaient antérieurs à Abraham ! Même le livre de la Genèse - qui parle pourtant de "Abram l'Hébreu"-, le reconnaît puisqu'elle fait de 'Eber (avec la lettre aïn) et non de Abram (avec la lettre alef) l'ancêtre éponyme des Hébreux !
La conclusion logique qui s'impose est qu’Abraham est une figure fictive créée au plus tôt au VIII-VIIème siècle avant J-C par la secte judaïque de Jérusalem dans un but théologique de propagande monothéiste. Abraham représente en effet le modèle même du monothéiste soumis. L'exemple type de l'apatride, de l'étranger, de l'errant, de l'émigré à qui Dieu octroie un pays pour son obéissance aveugle.
C'est la raison pour laquelle il est le personnage central que le Coran a volé au Pentateuque et au judaïsme. Il y est appelé "Ibrahim le musulman" (sic !), “musulman” dans son sens originel de “soumis”. Et c'est pourquoi les "migrants" musulmans qui envahissent le monde se croient tous des "petits Ibrahim" qui agissent selon l'injonction d'Allah !
Mais la création du personnage fictif d’Abraham par la secte judaïque de Jérusalem, a eu des effets secondaires désastreux pour le peuple Hébreu. Cette fiction s'est faite non seulement à son détriment mais a sapé sa légitimité en tant que peuple premier et indigène sur sa terre ! En effet, de peuple autochtone de Canaan, le peuple Hébreu s'est vu d'un coup de baguette magique biblique, relégué au rang d'étranger qui expulse les Cananéens et les extermine pour obéir au Dieu-un du monothéisme.
Cette accusation de génocide est reprise en chœur aujourd'hui par tous les sites d’internet néo-nazis et gaucho-bobo-pro-palestinistes antisionistes. Et des "intellos éclairés" comme Michel Onfray, y va de sa plume nauséabonde, en accusant les Israélites de "génocide des Cananéens", tout en sachant pertinemment qu’elle est une fable littéraire, rédigée a posteriori et qu'il n'y a jamais eu de "conquête de Canaan". Car aujourd’hui, cela fait “bien” d’être antisioniste et anti hébreu ! D'ailleurs, le pape François a relayé dernièrement cette calomnie biblique en évoquant les “Hébreux qui firent la conquête de Canaan“, sans oublier de dire que “Jésus le palestinien (sic!) parlait l’araméen et non l'hébreu”. (C'est pour quand "Jésus parlait l'arabe et était musulman" ?) Les néo-nazis et leurs acolytes arabo-islamistes ou gauchistes pro-palestinistes, ont alors beau jeu en balançant aux Hébreux israéliens (et aux Hébreux judaïsés de la diaspora) qui en restent bouche-bée : “De quoi vous-vous plaignez en vous lamentant qu’Hitler vous a zigouillés ? Vous l’avez devancé de 3000 ans en génocidant les Cananéens !“ Or en vérité, les "Cananéens" sont - comme le disait l'archéologue Adyah Horon Gourevitch -, "pas moins Hébreux que les Hébreux. Les Cananéens et les Hébreux sont un seul et même peuple !" Il n’y a jamais eu de “conquête de Canaan” par les anciens esclaves Hébreux “sortis d’Egypte”, et il n’y a jamais eu de “sortie d’Egypte” !
L’invention du personnage fictif d'Abraham par la secte monothéiste de Jérusalem - transformant les Hébreux en étrangers sur leur propre pays, en "exterminateurs des idolâtres Cananéens" -, a eu un effet boomerang doublement catastrophique. Il a induit chez les Hébreux judaïsés un complexe de culpabilité, un "péché capital" les accusant d'un génocide qu'ils n'ont jamais commis !
Depuis la légende d’Abraham et le récit biblique fictif du génocide des Cananéens par les Hébreux, le judaïsme traine derrière lui ce mal comme un boulet. Ce mal a provoqué le syndrome "juif" d'être toujours redevable et donc esclave du Dieu-un monothéiste de la Bible. De ce syndrome lui vient ce réflexe apologétique inconscient et conditionné dès qu'on critique le monothéisme et son ersatz judaïque (et islamique !). Victimes de cette secte monothéiste judaïque, ils se réfèrent à la figure fictive d'Abraham créée de toutes pièces pour les assujettir au Dieu-un, en étant persuadés que ce personnage légendaire leur octroie prestige et légitimité. Alors que c'est tout le contraire ! La fiction d’Abraham est un poison extrêmement nocif - destiné à l’époque de l’exil babylonien à alimenter la propagande monothéiste -, et qui aujourd’hui se retourne contre les descendants de ceux qui l’ont concocté !
Hébreux israéliens ou judaïsés de la diaspora, libérez-vous du monothéisme judaïque qui vous aliène ! Pour le bien du peuple Hébreu, pour celui de votre patrie ancestrale, et de l'Etat d'Israël ! Faites sauter les chaînes du judaïsme qui vous entravent, et rejetez le terme “Juifs” qui vous piège et vous empêche de redevenir des Hébreux libres, indomptables, rebelles, patriotes, anti-impérialistes et anticolonialistes.

Revendiquez votre véritable Histoire et votre réelle identité : celle des Hébreux ! En tant que descendants des Hébreux, en tant qu’Israéliens déjà revenus (et les autres reviendront bientôt je l’espère) au pays de leurs ancêtres, en tant qu’amoureux de leur patrie ancestrale et fidèles à son Histoire multi-millénaire, ils sauront combattre et lutter jusqu'à la victoire contre tout envahisseur étranger, et en particulier le conquérant et l’occupant arabo-islamique palestiniste et ses collabos et affidés !

David A. Belhassen 

8 коммент.:

  1. M BELHASSEN
    Une question pour vous.
    si abraham n'a pas existé donc issac et jacob non plus et la sortie d'Egypte aussi puisque nous serions des hébreux cananéen comment les douze tributs ont pu exister. Dans un de vos textes vous faites bien reference au territoire de juda de benjamin etc.... Comment ces tributs ont elles existé.
    alain uzan
    (le pére de Misha)

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  2. Bonjour Alain. Si Abraham n'a pas existé, cela ne veut pas dire que Jacob n'a pas existé. C'est le Pentateuque qui a artificellement décrété que le personnage (fictif) d'Abraham était le grand-père de Jacob. Or Jacob est Israël, et c'est d'Israël que viennent les douze tribus. La preuve qu'il n'y a aucun rapport de "filiation" entre "Abraham" et "Jacob" se trouve dans le Livre des Juges, donc le plus ancien de la compilation biblique d'un point de vue rédactionnel. Dans le LIvre des Juges, Jacob-Israël est bien mentionné. Mais jamais Abraham ! Cela signifie qu'à l'époque des Juges, la figure d'Abraham n'avait pas encore été inventé ! Quant à Isaac qui fait fonction de figure intermédiaire entre le légendaire Abraham et l'historique Jacob-Israël, nous n'avons aucune preuve historique de son existence, mais sa non-historicité est moins prouvable que la non-historicité d'Abraham. Et enfin, concernant la "sortie d'Egypte", c'est un mythe tardif introduit par des disciples persécutés d'Akhenaton et qui se sont réfugiés à Jérusalem. La stèle de Mernephtah mentionne l'entité politique et géographique "Israël" qui vit en Canaan et au Pays des Hbreux, alors que selon le Pentateuque, nous étions encore des esclaves en Egypte et des errants dans le Sinaï.

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  3. David,
    Plusieurs questions svp. Lorsque vous dites que le livre des Juges est le plus ancien ou que le livre de Samuel l'est un peu moins, etc. S'agit-il de preuves irréfutables ou bien d'hypothèses qui actuellement remportent l'adhésion des experts ? Je pose la question car comme vous le savez, les archéologues ont pas mal changé d'avis ces quarante dernières années et on a l'impression que demain matin on découvrira peut-être quelque chose de nouveau, c'est aussi à cause de cela qu'aujourd'hui tout le monde prétend un peu n'importe quoi, et le pire c'est qu'on les prend au sérieux. Je comprends qu'il faille faire preuve de rigueur mais justement, s'agit-il véritablement d'affirmations ou plutôt de fortes suppositions d'après l'état de la science aujourd'hui ?

    Par ailleurs, concernant Jacob-Israël, on connaît les différentes théories sur deux personnages, ou deux groupes qui se seraient regroupés, depuis Freud et autres (théorie des Bnei Jacob et Bnei Israel par exemple), mais là encore ne s'agit-il pas d'un mythe ? Que le terme Israël ait existé dès le 13e siècle, stèle de Merneptah, ne signifie pas que Jacob-Israël ait existé en tant que personne, ne croyez-vous pas ? Cela dit, son existence ou non ne changerait rien au reste, je pense que nous sommes d'accord là-dessus.

    Enfin, concernant les disciples d'Akhenaton, persécutés et venus d'Egypte qui auraient ainsi extrapolé leur aventure collective pour en faire un mythe pour tout le peuple d'Israël... là encore la thèse est séduisante et je ne savais pas que vous la défendiez, je pense moi aussi que cette idée monothéïste d'Akhenaton est trop étonnante pour qu'il n'y ait aucun lien. Mais je croyais vous avoir entendu plaider le non-lien, peu importe. Enfin tout cela me paraît être beaucoup de suppositions, aussi je vous repose la question du début : s'agit-il là encore de thèses qui constituent aujourd'hui la thèse la plus crédible, donc scientifique, au sens du philosophe Karl Popper, mais pas de choses parfaitement certaines, ou bien de votre penchant, tout en considérant qu'il s'appuie sur des arguments crédibles bien entendu ? Je vous prie d'excuser ma question mais il est parfois difficile de faire la différence et l'on voit tellement de choses sur internet qu'on ne peut pas vérifier en deux minutes lorsqu'on n'est pas expert ...

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  4. merci pour votre réponse qui en appelle une autre .
    Jacob serai donc un hébreux cananéen fils d'isaac ayant adherer au monothéisme et qui a eu douze enfants donc les tribus.
    alain uzan

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    1. Bonsoir Alain. Ma réponse à "Anonyme" concernant la formation de la confédération des "douze tribus d'Israël", peut servir à répondre à votre question. Il ne s'agit pas vraiment d'une famille avec un père et ses douze enfants, mais d'un "arbre totémique" nommé Ya'aqob et les douze branches (les tribus) ayant rejoint la confédération "Israël".

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  5. j'ai eu une petite altercation avec un membre de notre synagogue de rite tunisien lors de la paracha de berechit avec l'aval du rabbin.
    il disait que dieu a crée le monde pour les juifs je lui ai répondu qu'il avait crée le monde pour l'homme, tollé general et presque agression car j'aurai blasphemé. j'ai alors demandé au rabbin pourquoi il avait englouti la terre et l'homme lors du maboul. il avait donc à ce moment là detruit les hebreux en meme temps. J'ai senti l'embarras du rabbin et de la queila pour me repondre. Avez vous un commentaire la dessus.
    merci alain uzan

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    1. Rebonsoir Alain. Je m'étonne du rabbin et de ce membre de la synagogue qui se sont embourbés dans un marasme anachronique. Tout d'abord, selon la Genèse, Dieu a créé Adam et d'Adam est née toute l'humanité. Deuxièmement, le terme "juif" (ou judéen) vient de Judah, donc d'une part très tardif par rapport à Adam, et d'autre part, avant "le don de la Torah" à Moïse. Mais évidemment le rabbin vous répondra par l'entourloupe talmudique "il n'y a pas d'avant et d'après dans la Torah". Et cela, sans le moins du monde rougir face à une telle incohérence, un tel irrationalisme, un tel tour de passe-passe théologique, une telle mauvaise foi ! Mais c'est le propre des rabbins.

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  6. A Anonyme. Toutes vos questions sont pertinentes et justifiées, et je m'attacherai à y répondre, quoique de manière succinte:
    1.Concernant les dates de rédaction des différents "livres" qui composent la Bible : je me fonde, non pas sur "l'avis d'experts", mais uniquement sur mes propres analyses linguistiques, littéraires et historiques. En relevant par exemple le degré d'archaïsme de termes, d'expressions, de tournures de phrases etc..., et en les comparant dans les différents livres de la Bible. Par exemple, le fait que le nom "Yeruba'al" ("Ba'al a fondé") du juge Gid'on a été conservé, en dépit du fait qu'il mentionne le Dieu Ba'al exécré par le monothéisme. Par contre, on voit que dans le livre de Samuel, le nom du fils du roi Shaoul qui s'appelait Mefiba'al (De la bouche de Ba'al) a été intentionnellement transformé de manière péjorative en "Mefiboshet" ("de la bouche de la honte"). Ce Mephiboshet trahit un stade plus "dur" et intolérant du monothéisme. Il est donc plus tardif !
    Concernant Jacob-Israël. Je me méfie des hypothèses de Freud qui fait de la déformation professionnelle et introduit la psychanalyse dans l'Histoire. Au sujet de Jacob (Ya'aqob), évidemment qu'on ne peut savoir s'il est ou non un personnage réel, un patriarche, un ancêtre, ou une figure légendaire. Mais cela n'a, comme vous l'avez souligné, aucune interférence sur "Israël". "Israël" (ou "Ishraël") est le nom d'une confédération de tribus hébreues qui s'est formée graduellement. Pour cela, une "famille totémique ancestrale" a été créée, répndant au nom de Ya'aqob et ses épouses et concubines. Au fur et à mesure que des tribus rejoignaient la confédération "Israël", elles étaient affiliés soit aux épouses, soit aux concubines, selon la primauté de leur participation à la confédération ou selon l'importance de la tribu. Ainsi une tribu ayant une certaine prépondérance démographique, économique ou militaire a été "affiliée" à Léah (Judah) ou Rachel (Joseph); et les tribus qui ont rejoint plus tardivement la confédération ou qui avaient une moindre prépondérance ont été affiliées aux concubines Zilpah (La tribu Gad) ou Bilha (la tribu Dan). Cet arbre familial est bien sûr une construction a posteriori pour expliquer la formation de la confédération et en fait nous ne savons rien de l'ordre des tribus l'ayant rejointe, mais cet "arbre familial" nous révèle que cette confédération s'est faite par étapes et qu'elle a été loin d'englober toutes les peuplades hébreues.
    3. Au sujet du groupe de disciples d'Akhenaton réfugiés à Jérusalem, je n'ai jamais dit qu'ils aient eu une influence ethnique quelconque (ils n'étaient qu'un petit groupe noyé dans la masse des Israélites), mais une influence théologique sur les "élites" de Jérusalem et de la royauté, avec l'introduction du monothéisme qui remplaça peu l'hénothéisme israélite. Et là, c'est en effet la thèse la plus crédible et la plus cohérente et rationelle, qui explique par exemple des mots et des noms égyptiens qui ont pénétré la langue hébraïque, sans pour cela faire appel au surnaturel, au miraculeux, aux interventions divines, etc...

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