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Le "Noël" de Pâque de Jésus


Devant la pagaille qui règne concernant le jour de la naissance de Jésus : Noël hivernal du 25 décembre des Saturnales, Septembre automnal de la fête des Tabernacles, ou Printemps de la récolte de l'orge du 14 de la Pâque, je lui ai posé directement la question : "Dis Jésus, quel jour es-tu donc né, vains Dieux !?!"

Jésus ne s'est pas fâché de mon juron païen, et voici ce qu'il m'a répondu : "Tout d'abord David, je te prie de m'appeler Yeshou'a, mon véritable nom en hébreu. Et pour répondre à ta question, certes plus d'un milliard de mes "fidèles" sur le globe, diront à l'unisson que je suis né à Noël pardi. Mais une petite voix – la mienne – leur répond : Non ! Pas du tout !
A cette petite voix fait écho un de mes biographes attitrés : Luc. Cela a l'air invraisemblable, et pourtant une lecture attentive d'un passage de son Evangile (2, 42) révèle noir sur blanc que je ne suis pas né dans la nuit du 24 au 25 décembre, et encore moins en septembre comme de nouveaux curés pseudo "modernes" l'affirment, mais à Pâque. Oui à Pâque ! Qu'est-ce qu'il y a ? Vous n'aimez pas les œufs en chocolat ?
C'est aussi à Pâque que j'ai fêté ma 'Bar-Mitzvah'- une sorte de "communion" chez les Juifs. Mais chez nous, en Galilée, elle était fixée à l'âge de 12 ans, alors qu'en Judée, elle se faisait à 13 ans (et jusqu'aujourd'hui, c'est à cet âge qu'elle est fêtée dans les communautés juives rabbiniques).



Et puisque ma communion a eu lieu à Pâque - qui est à la fois la commémoration de la sortie (légendaire) d'Egypte et de la condition (non moins légendaire) d'esclaves des Hébreux, ainsi que de la fête agricole de la récolte de l'orge -, cela signifie que je suis né au printemps (aux mois de Mars-Avril-Mai selon les différents calendriers de l'époque), mais sûrement pas en septembre à l'automne  et encore moins fin Décembre, au début de l'hiver.
D'autant plus qu'un autre passage de l'Evangile de Luc (2, 8-20) raconte que la bergerie dans laquelle je serais né était vide. Il n'est nul besoin d'être expert en météo pour savoir qu'en décembre les nuits à Bethléhem en Judée sont glaciales. Bethléhem se trouve à 800 m d'altitude et croyez-moi, en hiver ça caille ! Aucun berger ne se serait risqué à mettre le nez dehors avec son troupeau. A fortiori, durant le vêlage où tout agneau mis bas hors de la bergerie y mourrait instantanément.
La seule saison propice en Israël pour qu'un berger dorme avec son troupeau sous la belle étoile (celle du berger ?) est le printemps. En effet, c'est alors que les agneaux sevrés sont à même de brouter l'herbe tendre qui a poussé après les pluies d'hiver. Ce qui est parfaitement en accord avec le climat et la nature de mon pays. Les bergers d'Israël devaient vite les engraisser afin d'atteindre le poids idéal pour le sacrifice pascal. Et là est justement la raison pour laquelle Luc – qui était un peu "pastoral" sur les bords - s'attarde sur la date de ma naissance, quoique personnellement je ne lui ai rien demandé.
Mais il y a un autre facteur qui vient à l'appui et étayent son témoignage quant à ma naissance justement à Pâque : la date de ma mort !
En effet, une ancienne tradition voulait que les "justes" du peuple Hébreu naissent et meurent le même jour de l'année. Je ne sais pas si je suis un "juste", mais - excusez du peu - mes premiers disciples ne s'y sont pas trompés, eux qui fêtaient l'anniversaire de ma naissance à Pâque, et cela jusqu'au IIIème siècle. C'est également ce qu'affirmait un certain Tertullien, un évèque berbère d'Afrique du Nord qui a cotoyé des Hébreux judaïques qui lui ont "vendu la mêche".
Mais alors pourquoi, quand, et comment le Noël hivernal est venu supplanter ma printanière Nativité ? Pour le savoir, il nous faut faire une 'digression' vers Rome.
Par une des ironies que l'Histoire m'a souvent réservée, le choix du 25 Décembre pour fêter ma naissance, est d'origine païenne. En effet, ce jour marquant le solstice d'hiver, était déjà célébré par les Romains, lors des 'Saturnales'. C'était aussi la fête du Dieu- Soleil qui triomphait des ténèbres car à partir du solstice d'hiver le jour commençait de nouveau à s'allonger au détriment de la nuit qui s'écourtait.
Au IVème siècle, l'empereur Constantin qui persécutait ceux qui se disaient mes adeptes, "retourna sa veste" et se convertit subitement au… christianisme ! C'est lui qui transforma ce jour solennel pour les païens en Noël, à la mémoire de la naissance de "Jésus le Sauveur". J't'en foutrais !
Quant à mes frères Juifs, ils se sont carrément plantés. Une fois tombés dans le panneau romain qui me fit naître un 25 décembre, ils ont alors répandu la rumeur que le 1er janvier (le jour de l'An, donc) était la commémoration du jour de ma circoncision, celle où on me trancha le prépuce (que ne faut-il endurer pour un peu de postérité)!

Mais c'est une foutaise dont seuls mes frères Juifs ont le secret ! D'ailleurs à l'époque le calendrier solaire ne possédait pas 31 jours en décembre ! C'est donc à l'égard de mes frères Juifs farfelus que j'aurais pu me paraphraser : "Mon père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils disent ".

Mais aujourd'hui, mes chers blogueurs et blogueuses, je vous le demande : Jusqu'à quand ce pseudo Noël romain du solstice d'hiver détrônera la Pâque hébraïque de l'équinoxe du printemps ? Quand viendra le jour où de nouveau vous fêterez le jour anniversaire de ma naissance à la bonne date ?

Faut-il donc que je revienne sur terre pour y mettre un peu d'ordre ?


David A. Belhassen



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