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L'islam, entre le sionisme du Coran et le palestinazisme




Avec le "sionisme" (mot inadéquat pour décrire le retour des Hébreux-Israélites sur leur terre ancestrale), les musulmans du monde entier et en particulier les panarabistes-islamistes se sont trouvés devant un dilemme, digne d'une tragédie grecque : Comment "donner raison" à Allah l'omniscient et l'omnipotent qui a permis le retour des Fils d'Israël sur leur patrie ancestrale, et dans le même souffle, justifier et soutenir le mouvement palestiniste musulman qui œuvre à "l'éradication de l'entité sioniste" ?!
En d'autres termes, comment concilier le "sionisme" du Coran et son approbation à ce retour, et de l'autre, vouloir "rayer Israël de la carte" ?!



Ce paradoxe a donné des insomnies aux sommités panarabistes musulmanes. Pour en saisir l'enjeu, il nous faut tout d'abord citer ces versets "coraniques-sionistes" :

وَقُلْنَا مِنْ بَعْدِهِ لِبَنِي إِسْرَائِيلَ اسْكُنُوا الْأَرْضَ فَإِذَا جَاءَ وَعْدُ الْآخِرَةِ جِئْنَا بِكُمْ لَفِيفً

Et nous dîmes après cela aux Fils d'Israël : "Habitez le Pays" ! Et lorsque viendra la destinée dernière, nous vous ferons revenir en foule. (Sourate 17, verset 104)
Tout sioniste convaincu pourra se reconnaître dans ce verset du Coran appelant les Fils d’Israël au grand retour au pays de leurs ancêtres !
Il y a d'ailleurs un autre verset du Coran, non moins explicite :


وَأَوْرَثْنَا الْقَوْمَ الَّذِينَ كَانُوا يُسْتَضْعَفُونَ مَشَارِقَ الْأَرْضِ وَمَغَارِبَهَا الَّتِي بَارَكْنَا فِيهَا وَتَمَّتْ كَلِمَةُ رَبِّكَ الْحُسْنَى عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ بِمَا صَبَرُوا وَدَمَّرْنَا مَا كَانَ يَصْنَعُ فِرْعَوْنُ وَقَوْمُهُ وَمَا كَانُوا يَعْرِشُونَ 
يَا قَوْمِ ادْخُلُوا الْأَرْضَ الْمُقَدَّسَةَ الَّتِي كَتَبَ اللَّهُ لَكُمْ وَلَا تَرْتَدُّوا عَلَى أَدْبَارِكُمْ فَتَنْقَلِبُوا خَاسِرِينَ

"et nous avons légué au peuple de ceux qui étaient persécutés l'est et l'ouest du pays que nous avons béni et s'est ainsi vérifiée la parole de ton seigneur excellemment sur les fils d'Israël pour ce qu'ils endurèrent et nous avons anéanti ce que fabriquaient Pharaon et son peuple et ce qu'ils avaient entrepris(Sourate 7, verset 137)
Et encore, dans le verset 21 de la sourate 5 :


يَا قَوْمِ ادْخُلُوا الْأَرْضَ الْمُقَدَّسَةَ الَّتِي كَتَبَ اللَّهُ لَكُمْ وَلَا تَرْتَدُّوا عَلَى أَدْبَارِكُمْ فَتَنْقَلِبُوا خَاسِرِينَ
« ô mon peuple entrez au pays sanctifié que vous a prescrit allah et ne battez pas retraite car vous vous retrouveriez perdants "

Dans tous ces versets, le "Pays béni" ou "Pays sanctifié" n'est autre que la "Terre Promise" aux Fils d'Israël, octroyée par Yahweh dans la Torah de Moïse (et par Allah dans le Coran !) dans toute l'étendue de ses frontières, de l'Est à l'Ouest ! Allah enjoint même aux Fils d'Israël de ne pas "battre en retraite" et de récupérer leur patrie sans crainte de l'ennemi, sinon ils se "retrouveront perdants" dans la bataille !
De tels versets qui témoignent d'un ultra "sionisme" de la part du rédacteur du Coran, feraient aujourd'hui jubiler un partisan du "Grand Israël". D'ailleurs, il ne se serait pas exprimé autrement que le rédacteur de ces versets coraniques, tandis que l'antisionisme virulent des musulmans ressemble plus à une trahison à l'encontre non seulement du Coran, mais aussi de Muhammad, de l’Ange Gabriel, et d'Allah lui-même, qu'à une quelconque fidélité et piété musulmanes ! 
 
Non seulement musulmanes, mais aussi et surtout panarabistes-palestinistes-islamistes. D'autant plus que le terme “Palestine” n’apparaît nulle part dans le Coran et n’y est jamais mentionné ! Le Coran est en effet demeuré fidèle au nom originel de “Pays des Fils d’Israël” (en arabe “Ard Bani Israïl”). Et ce, en dépit du fait que près de 500 ans avant la “révélation” du Coran, l’empereur romain Hadrien avait débaptisé la Judée et tout le "Pays d'Israël" pour les remplacer par “Palestine” (mot hébreu à l'origine, dont l'étymologie est "envahisseurs"), et ainsi "punir" les Fils d'Israël de s'être révoltés contre Rome. (Voir article http://davidbelhassen.blogspot.co.il/2015/10/pour-en-finir-avec-lusage-du-terme.html)

Il est donc inconcevable que le Coran ignorait le terme “Palestine”, imposé par Rome et qui prétendait supplanter le nom "Israël". Et si le Coran ne fait jamais usage de "Palestine", c'est qu'il le réprouve !  

Et donc, tous les musulmans, qu’ils soient sunnites ou chi’îtes ou adeptes d'autres courants, sectes et mouvances de l’islam, qui aujourd'hui font usage du terme “Palestine” au lieu du nom “Israël” sont infidèles au Coran et le trahissent !  
Comment alors les musulmans peuvent-ils "vivre" avec cette trahison ?
Une solution a apparemment été trouvée grâce à une exégèse intitulée : "La bonne nouvelle au-delà des choses cachées"**.   

Mais avant de l'exposer, il nous faire une brève digression historique :
Ne pouvant "digérer", dans le contexte de L'Umma, l’anomalie historique que représentait le sionisme, c'est-à-dire la résurgence d’une revendication de souveraineté nationale chez une population israélite déjà soumise aux règles de la ’dhimmitude', l'islam était dans l'embarras. 
 
D'autant plus que cette « anomalie » qui était en passe d'aboutir à la récupération d'une terre hébreue devenue musulmane depuis 1300 ans, "risquait" de remettre en question les fondements mêmes de l’Islam. 
 
Déjà, dans les années 30 du siècle dernier, le CMS ("Comité Musulman Suprême de la Palestine") s'était opposé de manière virulente au retour des Israélites vers leur patrie ancestrale. Son patron, le Mufti Hadj Amin El Husseini, avait même non seulement affiché son soutien à Hitler et levé des troupes arabo-musulmanes pour intégrer les Waffen SS, mais aussi susurré à l'oreille d'Hitler l'idée de la "Solution finale des Juifs". (Voir illustration).



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Or, comment ce soutien au nazisme et à la "Solution finale" pouvait bien aller de pair avec le Coran ?
C'est alors que l'exégèse en question prit le relais : selon l’Islam, Allah est le maître de l’Histoire, c’est donc à lui que fut attribuée l’« initiative sioniste ». Allah a décidé de ramener tous les Fils d'Israël dispersés de par le monde dans leur patrie ancestrale. Mais non pas pour y créer un Etat souverain. Si Allah a permis ce retour, c'est en réalité afin de simplifier la tâche des musulmans : Convertir les Fils d'Israël à l’Islam !
Et si ces dhimmis israélites refusent de se convertir à l'islam, alors ils désobéissent au "plan" d'Allah. Et dans ce cas, ils deviennent des kafiroun (des "hérétiques" ou "mécréants"), et il faut les exterminer
 
Dans les deux cas, le rassemblement des Fils d'Israël sur leur terre ancestrale, au cœur du "monde arabo-musulman" dixit les panarabistes-islamistes, est supposé faciliter l’exécution du "plan d'Allah".
Selon cette exégèse musulmane, le sionisme participait donc - en dépit des apparences -, au "stratagème d'Allah", censé accélérer "l'Apocalypse" et la "Fin des Temps", du moins dans sa version islamique.



Un "hic" cependant entravait le "plan-stratagème" d'Allah : Les partisans les plus radicaux du sionisme (en vérité du Mouvement Hébreu de Libération) s’étaient dégagés de l'emprise du judaïsme. Ils étaient des athées et des laïcs extrémistes qui n'avaient cure ni des plans de Yahweh et encore moins de ceux d'Allah.
Ils combattaient pour bouter les occupants britanniques et leurs alliés panarabistes musulmans, et aspiraient à rétablir une souveraineté hébreue sur leur patrie historique. Ils représentaient donc, aux yeux des musulmans, l’archétype même du "kafir" dont le sort était on ne peut plus clairement fixé dans le Coran : l'extermination !
Et c'est alors que l'exégèse de "La bonne nouvelle au-delà des choses cachées", reprit du poil de la bête : l’option de la "grande conversion" fut délaissée et celle de ce que l'on peut appeler la Grande Tombe’ (extermination massive) fut "plébiscitée".
Inspirés par cette perspective alléchante, les théologiens et dirigeants panarabistes islamistes et leur fer de lance palestiniste - qu'il soit du Hamas ou du Fatah prétendument laïque -, voient a posteriori dans la "solution finale" du nazisme, un "parfum" de ce que serait "la main d'Allah" dans l’exécution de la 'Grande Tombe'.
C'est d'ailleurs pourquoi, à Gaza du Hamas, et à Ramallah, la "capitale" de l'Autorité dite "palestinienne" (ainsi que dans tout le "monde arabo-musulman"), le "Mein Kampf" d'Hitler est le plus grand "best-seller" de tous les temps (après le Coran, Muhammad oblige).
Hitler lui-même y est quasiment promu au rang de "serviteur d'Allah". Le "Führer" teuton a d'ailleurs été d'ailleurs baptisé d'un surnom arabe : "El khayder".



Et c'est aussi pourquoi, le palestinisme musulman - qu'il faut distinguer du pseudo palestinisme des arabophones chrétiens - n'a en fait jamais été (et l'est encore !) autre qu'un ersatz du nazisme.

** Cette exégèse a été formulée pour la première fois à la quatrième conférence des études islamiques au Caire. Voir D.F. Green. Arab Theologians on Jews and Israel. P 48-53. Editions de l'Avenir. Genève, 1976

David Belhassen

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